L’été n’est pas encore fini que je m’interroge déjà sur les collections à venir.
Face à la montée des extrêmes et des horreurs de ce monde, les prochaines collections vont-elles nourrir une irrépressible envie de légèreté ou cette attraction même paraît-elle insoutenable aux yeux des créateurs ?
La silhouette sera-t-elle politisée ?
Les corps seront-ils vecteurs de messages ?
Combien de pièces iconiques naîtront de cette saison ?
Si j’étais directrice de collection, j’armerais cette Fashion Week des classiques de chaque maison.
Au nom des enfants qui n’ont que la peau sur les os quelque part dans une bande qu’on appelle Gaza, il serait de mauvais ton de faire de la légèreté le maître mot de ces prochaines collections.
Chez Tom Ford, chez Givenchy, avec l’arrivée de deux créateurs stars (Ackermann et Burton), il est question de rebâtir. Les deux stylistes se sont plongés avant même de prendre leur poste dans les archives des pères fondateurs. L’un pour mieux s’imprégner du passé avant de s’en distancier pour donner un nouveau souffle aux prochaines collections. L’autre a choisi de déconstruire pour mieux reconstruire, allant jusqu’aux archives de 1952, reconnaissant toutefois que la femme moderne ne peut pas se vêtir de pièces de musée. Pour Sarah Burton, “La clé, c’est l’humanité”.
Comme l’humanité a singulièrement failli ces dernières années, les créateurs seront-ils ceux qui arriveront à la remettre dans le vêtement là où d’autres n’ont pu la remettre dans la société ?
Réponse entre septembre et octobre.

The icon of the upcoming collections: humanity?
Summer isn’t even over yet, and I’m already wondering about the upcoming collections.
Faced with the rise of extremes and the horrors of this world, will the next collections fuel an irrepressible desire for lightness, or does this attraction seem unbearable to designers?
Will the silhouette be politicised?
Will bodies be vehicles for messages?
How many iconic pieces will emerge from this season?
If I were a collection director, I would arm this Fashion Weeks with classics from each house.
In the name of the children who are nothing but skin and bones somewhere in a strip of land called Gaza, it would be inappropriate to make lightness the watchword of these upcoming collections.
At Tom Ford and Givenchy, with the arrival of two star designers (Ackermann and Burton), the focus is on rebuilding. Even before taking up their positions, the two designers immersed themselves in the archives of the founding fathers. One did so to better absorb the past before distancing himself from it in order to breathe new life into the upcoming collections. The other chose to deconstruct in order to rebuild, going as far back as the 1952 archives, while recognising that modern women cannot wear museum pieces. For Sarah Burton, ‘The key is humanity’.
As humanity has singularly failed in recent years, will designers be the ones who manage to put it back into clothing where others have failed to put it back into society?
The answer will come between September and October.
Crédit photo Sarah Burton :
David Burton, parue dans Vogue France, numéro août 2025