Si Olibanum a récemment dévoilé sa nouvelle création, Néroli, c’est Sacra, ode à l’encens, que je tiens à vous présenter aujourd’hui sur Flannie. La filière de l’encens est en plein renouveau. Dans les années à venir, nous serons amenés à en reparler assurément.

Ici, Sacra s’offre la liberté de rendre cette matière sacrée facile à porter, sans dogme, sans cérémonial inutile. Ce parfum est à l’image de sa marque, Olibanum, et de son créateur, Gérald Ghislain, fondateur d’Histoires de Parfums (une de mes premières maisons de niche favorites) mais qui n’aime pas, pour autant, raconter des histoires autour des parfums qu’il propose à ses clients. Gérald préfère de loin laisser le parfum parler. Un homme discret mais entier qui a profité du confinement pour créer cette nouvelle marque prônant l’upcycling dans un univers, la parfumerie, qui se transforme avec peine pour faire face aux enjeux de demain.

Gérald Ghislain, fondateur d’Olibanum

L’originalité de la marque ?

Des formules qui peuvent aisément se superposer… ou pas, selon les goûts de chacun.

Sa particularité ?

Toute la gamme est pensée autour de l’encens. Chacun des parfums contient une petite quantité d’encens. “L’encens est historiquement à l’origine du parfum et à l’origine de cette marque”, nous explique Sylvie Jourdet, parfumeure et créatrice de Sacra pour Olibanum.

Sacra 

Notes : baies roses – oliban – cèdre – pin – sapin baumier – muscs blancs – vétiver

Sylvie Jourdet, parfumeure fondatrice de Créassence, maison de création et de fabrication de parfums

Sylvie, vous nous dîtes que Sacra est l’emblème de la marque. Pourquoi ?

Sacra tire son nom de l’arbre Boswelia Sacra, l’arbre à encens dont on extrait la plus belle qualité. Sacra est donc le parfum phare au cœur de la collection, celui sur lequel tous les autres parfums peuvent se superposer. Ils peuvent bien évidemment se superposer entre eux aussi. Sacra symbolise la marque Olibanum car c’est une reconstitution de cet encens. On m’a demandé de reconstituer l’odeur de l’encens et d’en faire un parfum en même temps.

Ce n’est pas facile, ça…

Le défi m’a plu. J’ai pensé à Roudnitska et au muguet qu’il a créé dans Diorissimo. Il fallait être au plus proche de la note. Pour cela, j’ai utilisé plusieurs encens obtenus par différentes méthodes d’extraction qui produisent chacune des notes particulières.

Racontez-nous…

Les matières premières peuvent être extraites de différentes manières. Par la distillation pour les huiles essentielles, par des extractions au CO2 supercritique, des extractions avec des solvants volatils… On a plusieurs manières, à partir d’une matière première brute, d’extraire ses composés aromatiques. Chaque méthode a ses avantages et ses inconvénients. Le produit obtenu a des nuances olfactives qui peuvent être assez différentes. L’idée a été de reprendre ces différents encens, d’y adjoindre d’autres matières premières pour donner l’envolée, la tenue, le volume, la diffusion… sachant que les extraits obtenus sont parfois un peu éloignés de l’odeur de l’encens originel. 

Il y a la gomme d’encens qui sent déjà quand vous la faîtes rouler entre vos doigts mais l’encens que l’on connaît le mieux est celui que l’on fait brûler dans les églises, dans les temples en Chine et cette odeur est encore très différente. L’idée était de retrouver toutes ces notes d’encens et d’en faire un parfum. La partie “reconstitution” était très importante. 

Sacra est très facile à porter…

Oui, nous ne voulions pas être dans le côté “encens vieille église”, nous voulions aussi la fraîcheur de la gomme.

Le layering, avec Sacra, marche très bien.

Oui. Il fallait que tout puisse se superposer avec cet encens. Certains préfèrent toutefois faire du layering avec de la rose et du yuzu, du vétiver et de l’opoponax sans forcément rajouter de l’encens. Pour le moment, Sacra reste toutefois notre parfum le plus vendu.

Avec Safran, il marche merveilleusement bien.

Oui, Safran est un peu plus délicat. Il lui donne un peu de profondeur.

Comment Gérald parvient-il à proposer des prix aussi abordables ?

Il y a eu un effort financier fait sur tous les éléments du parfum. Le flacon, par exemple, a un poids de verre beaucoup moins lourd. Le packaging est très sobre. Il n’y a pas de capot. Pendant le confinement, Gérald s’est demandé “si je devais refaire une marque de parfums, que ferais-je ?” Il a eu envie de rester dans la niche, le qualitatif, mais faire du raisonnable avec des matières premières de qualité tout en faisant aussi de l’upcycling en allant chercher, par exemple, des résidus de santal qui ont été retraités. C’était vraiment dans l’ADN de la marque d’être raisonnable dans le sens écologique et financier.

Le layering n’est pas encore très à la mode en Europe…

Pourtant, il y a un côté ludique au layering. Les petits contenants ne sont pas chers. On peut acheter 3 petits parfums et créer son propre parfum. Il y a un désir de “désacraliser” le parfum, de permettre à chaque client de s’amuser avec le parfum. Vous pouvez vous dire “j’en superpose deux, j’en superpose trois, j’en superpose quatre”. Et si vous avez envie d’en mettre un seul, ça marche très bien aussi.

Preuve en est Néroli, la dernière création de la marque qui se porte aisément seule à l’approche des beaux jours ou en compagnie de Sacra pour jouer les trouble-fêtes lors des soirées d’été, lui apportant une touche de mystère irrésistible.

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