L’été n’est pas encore fini que je m’interroge déjà sur les collections à venir.
Face à la montée des extrêmes et des horreurs de ce monde, les prochaines collections vont-elles nourrir une irrépressible envie de légèreté ou cette attraction même paraît-elle insoutenable aux yeux des créateurs ?
La silhouette sera-t-elle politisée ?
Les corps seront-ils vecteurs de messages ?
Combien de pièces iconiques naîtront de cette saison ?
Si j’étais directrice de collection, j’armerais cette Fashion Week des classiques de chaque maison.
Au nom des enfants qui n’ont que la peau sur les os quelque part dans une bande qu’on appelle Gaza, il serait de mauvais ton de faire de la légèreté le maître mot de ces prochaines collections.
Chez Tom Ford, chez Givenchy, avec l’arrivée de deux créateurs stars (Ackermann et Burton), il est question de rebâtir. Les deux stylistes se sont plongés avant même de prendre leur poste dans les archives des pères fondateurs. L’un pour mieux s’imprégner du passé avant de s’en distancier pour donner un nouveau souffle aux prochaines collections. L’autre a choisi de déconstruire pour mieux reconstruire, allant jusqu’aux archives de 1952, reconnaissant toutefois que la femme moderne ne peut pas se vêtir de pièces de musée. Pour Sarah Burton, “La clé, c’est l’humanité”.
Comme l’humanité a singulièrement failli ces dernières années, les créateurs seront-ils ceux qui arriveront à la remettre dans le vêtement là où d’autres n’ont pu la remettre dans la société ?
Réponse entre septembre et octobre.
The icon of the upcoming collections: humanity?
Summer isn’t even over yet, and I’m already wondering about the upcoming collections.
Faced with the rise of extremes and the horrors of this world, will the next collections fuel an irrepressible desire for lightness, or does this attraction seem unbearable to designers?
Will the silhouette be politicised?
Will bodies be vehicles for messages?
How many iconic pieces will emerge from this season?
If I were a collection director, I would arm this Fashion Weeks with classics from each house.
In the name of the children who are nothing but skin and bones somewhere in a strip of land called Gaza, it would be inappropriate to make lightness the watchword of these upcoming collections.
At Tom Ford and Givenchy, with the arrival of two star designers (Ackermann and Burton), the focus is on rebuilding. Even before taking up their positions, the two designers immersed themselves in the archives of the founding fathers. One did so to better absorb the past before distancing himself from it in order to breathe new life into the upcoming collections. The other chose to deconstruct in order to rebuild, going as far back as the 1952 archives, while recognising that modern women cannot wear museum pieces. For Sarah Burton, ‘The key is humanity’.
As humanity has singularly failed in recent years, will designers be the ones who manage to put it back into clothing where others have failed to put it back into society?
The answer will come between September and October.
Crédit photo Sarah Burton :
David Burton, parue dans Vogue France, numéro août 2025
Elle ne s’arrête jamais de créer, de voyager. Issue d’une formation solide en Personal Care, la parfumeuse Violaine Collas a acquis une technique très sûre que l’on retrouve dans la structure de l’ensemble de ses créations. Nez à la curiosité insatiable, elle a été formée par les plus grands (Pour ne pas les nommer : Bertrand Duchaufour, Maurice Roucel et Dominique Ropion). L’une de ses qualités principales ? Son authenticité.
Senior perfumer chez Mane après de nombreuses années passées au sein de l’entreprise Symrise, Violaine Collas aime toucher les gens au cœur, travailler sur l’addiction olfactive, la mémoire collective. Elle crée aussi bien pour Margiela que Dolce & Gabbana tout en faisant la part belle à la niche avec des créations détonnantes comme Black Mango pour Born To Stand Out, un des coups de cœur de l’année, ou encore Pas Ce Soir Extrait pour BDK, parfum d’une femme humaine, séduisante et affirmée, et qui ne s’en laisse pas conter… un peu à l’image de notre parfumeuse…
Chère Violaine,
Pouvez-vous nous raconter votre parcours ?
J’ai eu envie de devenir parfumeur très jeune, vers 12 ans. J’étais fascinée par le pouvoir des odeurs, par le fait qu’on pouvait associer un parfum à une personne dès qu’elle entrait dans une pièce, que sentir ce parfum faisait revivre la personne dans n’importe quel autre endroit. Les maisons elles-mêmes avaient une odeur quand j’y pénétrais. On pouvait voyager, voir les gens sans les voir grâce aux parfums, aux odeurs en général.
Ce pouvoir incroyable me subjugue toujours aujourd’hui.
J’ai très tôt dit à ma mère “Il y a des gens qui font ton parfum. Je veux être de ces personnes-là”. Elle a compris que je ferai cela et rien d’autre. J’ai eu la chance, par la suite, de rencontrer Bertrand Duchaufour qui m’a permis de mettre un pied chez Florasynth avant même que j’entre à l’ISIPCA.
J’imagine qu’on peut apprendre beaucoup de choses avec un parfumeur tel que Bertrand Duchaufour…
Oui. D’autant plus qu’à l’époque, il y avait aussi de grands parfumeurs comme Dominique Ropion et Jean-Louis Sieuzac chez Florasynth. J’y allais tous les mardis soirs pour sentir les matières premières, les décortiquer, les mémoriser. J’étais très assidue : Je n’ai jamais manqué un seul mardi soir. Après avoir réussi le concours de l’ISIPCA, ils m’ont proposé un stage puis m’ont prise en alternance. Dominique est devenu mon mentor sur mes 3 années d’ISIPCA.
Je suis partie un an en Allemagne avant de finir mon apprentissage à New-York. La société était devenue Symrise entre-temps. J’ai intégré la division Personal Care à Paris. Cela m’a beaucoup plu : je trouve que c’est très ludique, et cela m’a apporté des atouts techniques importants.
Qu’apprend-on en Personal Care ?
A créer des parfums facilement « lisibles », qui véhiculent un message clair et procurent du plaisir, que le consommateur peut comprendre et s’approprier instinctivement.
J’ai l’impression que le consommateur a le choix entre quelque chose de lisible qui le ramène à un souvenir, un confort… ou quelque chose de plus complexe qui raconte une histoire.
Le principe chez Maison Margiela, par exemple, c’est d’offrir des parfums qui racontent de façon à la fois sophistiquée et évidente des histoires qui font écho à la mémoire collective. C’est pour moi toujours un atout de choisir des matières premières que le consommateur connaît ou dont l’évocation le fait rêver. Mais la nouveauté ou l’innovation bien expliquées peut aussi intriguer et attirer.
Revenons à votre parcours. Comment s’est passé votre retour en Fine ?
Maurice Roucel m’a proposé de venir travailler avec lui en binôme. Je dirais que Dominique Ropion m’a appris la technique et la liberté créative, et que Maurice m’a appris à rester qui j’étais, que cela plaise ou pas aux autres. Cela m’a permis de rester toujours intègre et bien dans ma peau. Puis j’ai rejoint Mane en 2011.
Pourquoi Mane ?
J’ai voulu rejoindre Mane car c’est une société française qui produit de belles matières premières naturelles. Je trouve important de défendre le savoir-faire français en parfumerie au cœur d’une société familiale.
Quelles sont, parmi vos diverses expériences, les plus marquantes ?
Mes rencontres avec Bertrand, Dominique et Maurice. Ils ont tous trois des caractères différents mais ils sont tous animés par la même passion. Ces rencontres ont été décisives dans ma vie.
Quels sont vos plus grands défis actuels en tant que parfumeuse ?
Le défi actuel, c’est le temps. Je trouve que les temps de développement se rallongent de plus en plus. Entre le début d’un projet et la fin, il peut se passer beaucoup de temps. C’est compliqué de se dire parfois “Je travaille sur un projet qui sortira dans 5 ans”. Il faut que la note plaise toujours d’ici là… Et paradoxalement on a de moins en moins de temps au quotidien !
Vos atouts ?
Je suis aussi très curieuse : je me nourris beaucoup de voyages, d’art et de cuisine notamment. Et je suis très perfectionniste. très endurante, très pugnace, assez “Pénélope » : s’il faut refaire, je refais.
C’est une qualité assez rare…
Beaucoup de gens pensent que c’est un échec de devoir recommencer. Je ne prends jamais cela comme un échec. Parfois, une note n’aboutit pas tout de suite à une création, mais elle aboutira peut être en la reprenant 10 ans plus tard. Parfois, il faut juste recommencer parce qu’on n’a pas pris le bon angle d’attaque. L’échec, pour moi, serait d’abandonner.
Qu’aimez-vous le plus travailler ?
Ce que j’aime vraiment travailler, c’est l’addiction, comme celle de l’enfant qui sent son doudou. Il ne peut pas se passer de cette odeur qui lui plaît même si elle ne sent pas toujours très bon ! Quand on travaille un parfum, il faut arriver à obtenir cette addiction : celle qui touche le plus profondément. Les addictions évoluent au cours du temps. Après des années à travailler sur des gourmandises et des fruits très sucrés, on va aujourd’hui beaucoup plus sur la naturalité, sur le côté vert d’une fraise, ou d’une framboise quand on la cueille. En parallèle, on travaille également sur de nouvelles gourmandises, très texturées, voire salées.
Quelles sont, parmi vos créations, les plus populaires ?
En ce moment, on me parle beaucoup de Black Mango de Born to Stand Out, Brioche Vanille de Lattafa, et toujours de mes créations pour BDK, Maison Margiela et Dolce&Gabbana.
Quelle est la création dont vous êtes le plus fière ?
Black Mango, car il offre un parti-pris fort qui était là dès les premiers essais : un contraste entre une mangue salivante et un oud très animal.
Pour vous, quels sont les enjeux de la parfumerie de demain ?
Le marché de la parfumerie est devenu un mélange de global et de local avec des influences croisées, notamment du Moyen Orient.
C’est-à-dire ?
La culture olfactive du Moyen Orient inspire les marques occidentales. Les marques du Moyen-Orient vont s’orienter, elles, vers des choses nouvelles en détournant des codes occidentaux par exemple. L’Asie va demander de travailler des notes qui marchent à la fois pour l’Asie et pour le Moyen-Orient. Les cultures voyagent et se nourrissent mutuellement avec quelques années de décalage.
D’où vient ce retard ?
C’est le temps nécessaire pour que les marchés découvrent et intègrent de nouveaux goûts olfactifs.
Peut-on dire qu’il répond à des besoins qu’on avait par exemple en France mais qui n’étaient pas assouvis ?
Je ne sais pas. Ce qui est sûr, c’est que les parfums du Moyen-Orient ont ouvert d’autres portes.
Si vous pouviez créer un parfum pour la personnalité de votre choix, qui serait-elle et pourquoi ?
J’aurais adoré créer un parfum pour Alexander McQueen. Tout ce qu’il a fait était incroyable. Sa façon de construire et de déconstruire…Il y a quelque chose qui me fascine dans ce qu’il a pu faire. J’aime aussi la façon qu’il avait de dire les choses, d’être politiquement incorrect, de façon très créative. L’homme en lui-même me touchait énormément.
Quel parfum lui composeriez-vous ?
Quelque chose d’assez réconfortant, quelque chose qui lui permettrait de s’aimer lui-même. Je jouerais avec du cuir, des notes qui évoquent le rouge comme des épices… Il faudrait que ce soit quelque chose de complètement déstructuré.
Si vous deviez créer un parfum à 4 mains avec un autre parfumeur, qui serait-il et pourquoi ?
Je travaille beaucoup avec Julie Massé. Ensemble, on essaie toujours de donner le meilleur de nous-même en toute simplicité. Julie est une personne toujours joyeuse et c’est très agréable. Nous sommes, de plus, très complémentaires. Nous nous enrichissons l’une l’autre.
Quels sont vos projets futurs ?
Mes futurs projets sont toujours de nouveaux voyages !
‘Come and sit on this bed of flowers while I caress your lovely cheeks’.
A comma, for a summer. After the feat of the indomitable Ruade, Marc-Antoine Corticchiato takes us to a sunny beach to dream with apparent lightness in Un bel amour d’été, his latest creation for Parfum d’Empire, inspired by the perfumer’s research into a magnolia-gardenia accord.
A few light notes. A slow awakening under the sun.
In the top notes, the romantic, lazy magnolia, like Bottom in A Midsummer Night’s Dream, takes on the mischievousness of turmeric to claim a little spiciness, lending a distinctive character to the accord. The root could have been replaced by cumin for a touch of “dirt”, reminiscent of a summer skin sweating under the sun, but turmeric adds an interesting touch.
Then comes gardenia, taking passion to the point of fury in true Titania style, and exotic Ylang-Ylang, which wrap their creamy petals around it, with the complicity of a sassy vanilla and deep sandalwood in the base notes.
The originality of Un Bel Amour d’Été? Notes of Champaca, the Indo-Malaysian cousin of magnolia, more commonly cultivated for its wood than its bewitching fragrance.
Un Bel Amour d’Été could be likened to a fleeting passion, a seasonal fragrance, but there’s a quest for absolute characteristic of Marc-Antoine Corticchiato’s main creations. Un Bel Amour d’Eté is here to stay.
We’re closer to the gardenia flower worn as a buttonhole by dandies at the opera than to mere memories of one love on the beach, and all the better for it. Even in the midst of a seemingly simple story, Marc-Antoine’s fragrances never lose their timeless, ballsy elegance.
This is one of the most beautiful tributes to gardenia since Gardénia Pétale for Van Cleef & Arpels or Un matin d’orage for Goutal, created by Camille Goutal after a trip to Japan and the memory of fresh gardenia at night, under the rain.
Let’s not forget the majesty of the magnolia either in this beautiful creation.
Un Bel Amour d’Ete par Parfum d’Empire : l’envoûtement de Titania
“Viens, assieds-toi sur ce lit de fleurs pendant que je caresse tes charmantes joues”
Une virgule, le temps d’un été. Après la prouesse de l’indomptable Ruade, Marc-Antoine Corticchiato nous emmène rêver avec une apparente légèreté sur une plage ensoleillée au travers d’Un bel amour d’été, sa toute dernière création pour Parfum d’Empire, inspirée par une recherche du parfumeur autour d’un accord magnolia-gardénia.
Quelques notes halées. Un lent réveil sous le soleil.
En tête, le magnolia romantique et paresseux, tel Bottom dans Le songe d’une nuit d’été, s’offre l’espièglerie du curcuma pour prétendre à un peu de piquant. La racine aurait pu être remplacée par du cumin pour le côté “sale”, humain, qui rappelle la peau en été mais le curcuma apporte une touche intéressante.
Vient ensuite le gardénia, poussant la passion jusqu’à la fureur en véritable Titania, et l’exotique Ylang-Ylang, qui l’enlacent de leur pétales crémeux avec la complicité d’une vanille gourmande et d’un santal profond en notes de fond.
L’originalité d’Un Bel Amour d’Été ? Des notes de Champaca, cousin indomalaisien du magnolia, plus généralement cultivé pour son bois que son parfum pourtant envoûtant.
Un bel amour d’été pourrait s’apparenter à une passion fugace, un parfum de saison, mais on y retrouve une quête d’absolu caractéristique des créations de Marc-Antoine Corticchiato.
On est plus proche du gardénia porté à la boutonnière par les dandys en soirées que de l’amour à la plage et c’est tant mieux. Même au cœur d’une histoire en apparence simple, Marc-Antoine ne dépare jamais ses parfums d’une élégance intemporelle et “couillue”.
Un des plus beaux hommages au gardénia depuis Gardénia Pétale pour Van Cleef & Arpels ou Un Matin d’Orage chez Goutal, réalisé par Camille Goutal, même si le magnolia est également un acteur principal de cette fragrance.
Retrouvailles aujourd’hui avec le chef pâtissier Aleksandre Oliver pour une toute nouvelle série sur les chefs qui révolutionnent l’univers de la pâtisserie.
Arrière petit-fils du chef Raymond Oliver, premier cuisinier à avoir tenu une émission culinaire à la télévision, et fils du restaurateur Bruno Oliver, Aleksandre n’a de cesse de repenser les codes du sucré et de la conception des desserts.
Élu Pâtissier de l’année 2018 par Le Chef Magazine, Jeune Pâtissier de l’année 2018 également par Le Gault Millau, Aleksandre a même reçu deux fois le Passion Dessert par le Guide Michelin en 2019 et 2022. Un palmarès impressionnant pour celui qui a fait son chemin dans les palaces jusqu’à arriver à l’Hôtel du Palais à Biarritz en 2021. Très vite, il y repousse les limites de la pâtisserie contemporaine en travaillant main dans la main avec les chefs et leurs équipes de cuisine.
Son inspiration première ? L’environnement naturel de l’hôtel, l’océan à perte de vue qui lui donne aussitôt envie de bousculer les conventions culinaires et de proposer des desserts inédits autour des algues et des produits de la mer.
Pour Pâques, il a décidé d’étonner les clients en leur proposant une “fraise” inédite là où d’autres revisitent (encore) l’œuf. Il nous raconte aujourd’hui comment il l’a créée et comment il continue son exploration de l’univers du sucré en puisant dans son inspiration dans la cuisine salée traditionnelle sur un thème bien précis : comment créer sauces et ragoûts pour de nouveaux desserts ?
Rencontre
Flannie : Une fraise pour Pâques ! Comment est née cette idée ?
Aleksandre : C’est la magie de la vie. On était parti à la base pour faire un œuf qui s’appelle “écaille de pin”, un mélange entre des écailles de poissons et une pomme de pin mais l’idée ne m’a pas inspiré longtemps. J’ai repensé aux oursons guimauves de mon enfance, beaucoup plus enthousiasmants. Nous en faisons toujours au Palais.
J’ai imaginé créer une espèce de tête d’ourson guimauve en faisant les oreilles, le museau et en trempant l’œuf dans une guimauve. Je dois dire que mes équipes étaient dubitatives. Cependant, j’ai essayé et cela a marché du premier coup.
Flannie : Motivant, n’est-ce pas ?
Aleksandre : J’ai réalisé en effet qu’on pouvait aller encore beaucoup plus loin. Pourquoi, par exemple, ne pas faire une fraise garnie de guimauve dont la coque serait trempée dans du sucre ? J’ai soumis l’idée à mes équipes et nous sommes aussitôt partis sur cette création pour sortir du standard full chocolat, noisettes, et autres.
J’ai utilisé les premières fraises qui sont arrivées de La Ferme Etchelecu. Jacques et Nathalie, les producteurs basés au Pays Basque, font pousser plusieurs variétés de fraises que nous incorporons dans nos desserts. Pour Pâques, je les utilisais pour sublimer, mettre en avant le côté soleil, printanier des festivités pascales plutôt que le côté chocolat classique.
Flannie : Tu nous partages sa réalisation ?
Aleksandre : Oui, volontiers. On fait une coque de chocolat dans laquelle on ajoute de la fraise lyophilisée qui vient lui apporter un léger goût acidulé. Ensuite, on tartine un praliné à la pistache avec un peu de chocolat blanc fondu sur lequel on met des pistaches torréfiées et un peu de fleur de sel.
Après, on fait, en parallèle, une guimauve et une pâte de fruits à la fraise. Une fois prêtes, on les incorpore l’une dans l’autre, créant ainsi une nouvelle confiserie. Puis, on vient remplir l’intérieur de la coque avec cette pâte.
Flannie : Combien de temps te faut-il pour la réaliser ?
Aleksandre : Il faut compter 3 jours de travail au moins. Il est nécessaire d’attendre que le chocolat cristallise. Il faut le praliner, ainsi que la guimauve, avant de pouvoir refermer la coque puis de réaliser le décor. Une fois qu’il est garni, on colle l’œuf. Après, on vient le recouvrir d’un léger sucre acidulé pour obtenir une texture qui rappelle la fraise tagada puis on fait des petits points blancs au chocolat pour faire les petits pépins de fraises. Dessus, on applique une pâte sucrée dans laquelle on mixe de la menthe fraîche. On pose le tout sur un sac en chocolat avec des petites fleurs de fraises.
Flannie : Avant de te laisser faire ta mise en place, raconte-nous un peu sur quoi tu travailles en ce moment.
Aleksandre : J’essaie d’apporter une nouvelle réflexion dans nos desserts. J’en ai toujours un avec de l’algue car l’algue en dessert est une de mes signatures. Nous avons fait partie des premiers à avoir osé introduire les algues dans les desserts. Cela a permis par la suite à tous les autres pâtissiers d’oser à leur tour.
En parallèle, j’approfondis le travail sur les sauces dans les desserts. C’est quelque chose que m’a inspiré le chef Yoann Conte quand j’ai travaillé chez lui il y a 8 ou 9 ans. Les sauces faisaient partie des piliers de sa cuisine et je me suis rendu compte qu’en pâtisserie, personne ne traitait les sauces, les jus. Avec mes équipes, on a décidé de travailler les sauces, comme les cuisiniers, mais au niveau des desserts.
Aujourd’hui, je réfléchis à aller encore plus loin, toujours en m’inspirant des cuisiniers et leur travail autour du ragoût. Je travaille sur les ragoûts en dessert avec mes équipes, des ragoûts modernes, que je pense pour la pâtisserie, avec des notes fruitées, acidulées.
Flannie : C’est assez inédit !
Aleksandre : Dans ma vie de pâtissier, j’essaie de faire un peu bouger les choses à mon échelle. J’espère apporter de nouvelles idées, de nouvelles techniques, de nouvelles tendances à la pâtisserie française. Et je suis assez content. Souvent, je vois que cela prend. Les idées sont suivies après. J’ai aussi fait cette réflexion sur les glaces. On a sorti une glace au céleri rôti et au beurre noisette. J’ai fait infuser le lait et la crème dans la glace en utilisant des coquilles de noisettes torréfiées et fumées, créant ainsi de nouvelles saveurs qu’on ne connaissait pas.
Plus on avance, plus on se rend compte qu’il y a de plus en plus de choses à explorer.
Flannie : Est-ce que les équipes côté cuisine s’inspirent aussi de ce que vous faites côté pâtisserie ?
Aleksandre : On s’inspire mutuellement de manière générale. On va juste regarder un peu ce qui se fait, et puis essayer de se l’approprier. Les chefs avec qui j’ai travaillé avaient tendance aussi à regarder un peu notre travail en pâtisserie pour qu’il y ait une continuité, des échanges sur des saveurs, des techniques. Tout à l’heure, j’échangeais justement avec mon chef sur des techniques de cuisson.
Flannie : A l’approche des vacances, que réserves-tu aux clients du Palais ?
Aleksandre : La nouvelle carte du gastro, cet été, propose aux clients de belles nouveautés, avec notamment un dessert sur les cueillettes du moment, entre les herbes du potager du palais, les cueillettes sauvages ( fleur de sureau, reine des prés …) et les algues de mon producteur Jean-Marie Pedron qui me livre en fonction de ses récoltes… un dessert vivant au fil de l’humeur du temps qui évolue constamment.
Nous travaillons également sur un nouveau pré-dessert dans lequel nous avons choisi de mettre en avant des fraises non mûres pour faire face justement aux intempéries, et au fait que les fraises ont de plus en plus de mal à mûrir et à sucrer. En tant que pâtissiers, nous nous adaptons et essayons de mettre à profit notre savoir-faire pour exploiter ces fruits qui seraient autrement gâchés. Dans ce pré-dessert, nous travaillons les fraises avec de la criste marine et du pélargonium. Le résultat est génial !
Un manteau de cuir Loewe et rien d’autre, si ce n’est Candor, le “bébé” du tout nouveau triptyque de Chapel Factory. “Un parfum lumineux, contrasté par la profondeur de l’encens”
Néroli, fleur d’oranger et amande amère jouent les notes de l’enfance heureuse tandis que l’encens vient s’inviter en trouble fête. Certains y verront une approche de la spiritualité par une des plus prolifiques créatrices du moment, Anaïs Biguine. D’autres s’offriront une plongée entre ombre et lumière, candeur et ténèbres, contraste travaillé d’une main de maître par la fondatrice de la marque Jardins d’ecrivains.
Si l’ensemble fleure l’ère de la Romance Gothique, Anaïs crée cependant une proposition entièrement nouvelle.
De tout temps, les artistes se sont attachés à explorer l’ombre et la lumière. Elle va plus loin en introduisant une notion assez peu mise en avant dans l’univers olfactif : la candeur. La candeur enveloppée sous un manteau de mystère dans une atmosphère dickensienne.
Peut-on réellement faire cohabiter candeur et ténèbres ?
Qui reste candide face aux ténèbres ?
Imaginez une petite fille innocente, mais espiègle, qui chaque soir attend l’appel complice de la nuit pour enjamber sa fenêtre dès que les adultes sont couchés. Sans attendre, elle se fraie un chemin dans l’épaisseur nocturne, les sens aux abois. Elle croise sur son chemin bien des êtres étranges, des diables de tous gabarits. Des fêtards éméchés dont on ne sait si, enfin de soirée, ils rient ou pleurent de leurs propres vies, des rebelles cherchant à s’affranchir des diktats du jour, des marchandes d’allumettes au cœur lourd mais silencieux ainsi que des marchandes de perles qui, au petit matin, rendent des comptes à des messieurs fort peu scrupuleux.
Que reste-t-il de la candeur quand on plonge dans la nuit un peu trop tôt ? Candor permet de l’explorer et de renouer avec notre enfant intérieur et ses démons d’un autre temps. Les démons de l’enfance ont vieilli mais la candeur de la demoiselle n’a pas pris une ride. Peu importe la noirceur de certains moments, la candeur n’est jamais très loin chez certains.
Amande amère ou amande douce ? Sous le néroli, l’enfant-femme portant Candor ne veut pas choisir, peut-être bien parce que la fleur d’oranger, en note de coeur, lui évoque des souvenirs chers émanant de la cuisine de sa grand-mère. La fleur blanche de Néroli, lactée, gourmande, a beau jouer de sa sensualité sous son nez, la jeune femme au coeur un peu plus noir ne cède toujours pas sa part d’enfant, peu importe combien de Fagin elle croise, de Bill Sikes…
Enfant-femme ou garçon manqué, elle se promène avec un peu trop d’innocence entre le cuir qui craque à même la peau, la gravité qui émane de l’encens et une sensualité qu’elle n’a absolument pas envie de maîtriser, jouant de certains codes féminins avec un rappel de masculinité frivole grâce au cèdre en note de fond.
Candor est une petite histoire en soi qui peut se faire un joli chemin sur les peaux qui n’ont pas envie de trancher entre ténèbres et innocence, spiritualité et spontanéité païenne, absolus féminins et décontraction boyish. Pourquoi choisir ?
Un joli pied de nez à bien des attentes.
Notes de tête: Néroli, Amande Notes de coeur: Fleur d’oranger, Jasmin, Rose, Bois d’encens Notes de fond: Musc, Cèdre
Night Diary
A Loewe leather coat and nothing else, except Candor, the “baby” of Chapel Factory’s brand new triptych, worn on a naked skin ‘A luminous fragrance, contrasted by the depth of incense’ that could remind one of the era of the Gothic Romance.
Neroli, orange blossom and bitter almond play the notes of happy childhood, while frankincense comes in as a troublemaker as if Dickens was at the controls. Some will see it as an approach to spirituality by one of the most prolific designers of the moment, Anaïs Biguine. Others will find themselves plunged between light and shadow, candour and darkness, a contrast masterfully crafted by the founder of the Jardins d’ecrivains brand.
Artists have always explored light and shadow. Anaïs goes a step further by introducing a notion that is not often emphasised in the world of scents: candour. A candour clothed in a thick coat of mystery, unaware of contemporary evil.
Is it really possible for candour and darkness to coexist?
Who remains candid in the face of darkness?
Imagine an innocent but mischievous little girl, who waits every evening for the call of night to climb out of her window as soon as the adults have gone to bed. Without waiting, she makes her way through the darkness, her senses on edge. She comes across many strange creatures along the way. Drunken party-goers who don’t know whether they’re laughing or crying about their own lives at the end of the night, rebels seeking to free themselves from the dictates of the day, match-sellers with heavy but silent hearts and pearl-sellers who, in the early hours of the morning, have to answer to some very unscrupulous gentlemen.
What remains of candour when you plunge into the night a little too early? Candor allows us to explore this and reconnect with our inner child and his demons from another time. The demons of childhood have grown up, but the candour of the young lady has not aged a day. No matter how dark some moments may be, candour is never far away in some people, no matter how many Fagin and Bill Sikes they encounter.
Bitter almond or sweet almond? Under the neroli, the child-woman wearing Candor doesn’t want to choose, perhaps because the orange blossom in the heart note evokes fond memories of her grandmother’s cooking, even if a bit too pervasive. The white, milky, gourmand Neroli flower may play sensually under her nose, but the young woman with the slightly darker heart still won’t give up her childish side.
Whether she’s a child or a tomboy, she wanders with a little too much innocence between the leather that crackles against her skin, the gravity emanating from the incense and a sensuality she has absolutely no desire to master, playing on certain feminine codes with a reminder of frivolous masculinity thanks to the cedar in the base note.
Candor is a little story in itself, which can make its way onto skin that doesn’t want to be torn between darkness and innocence, spirituality and pagan spontaneity, feminine absolutes and boyish casualness. Why choose?
It’s the perfect way to defy expectations.
Top notes: Neroli, Bitter Almond Middle notes: Orange blossom, Jasmine, Rose, Incense wood Base notes: Musk, Cedar
Il est bien connu, chers lecteurs, que les aldéhydes, en parfumerie, font souvent le printemps. Et ce ne sont pas les rayons des magasins comme Sephora qui démentiront. Parfaitement dosés, les aldéhydes pépient comme des petits oiseaux dans des jardins bien souvent floraux pour satisfaire les nez féminins à la sortie de l’hiver. En overdose, ils crient d’une tonalité métallique, piquent le nez et chaque année les parfumeurs s’amusent à passer de l’un à l’autre dans le grand théâtre olfactif des marchés occidentaux.
Retour aujourd’hui sur une pépite de la parfumerie indépendante, image de la collaboration inédite entre l’éditeur de parfums Frédéric Malle et la marque de prêt à porter Acne Studios, une petite “bombe” qui s’offre le printemps unapologetically.
“Perfume is absolutely the mirror of your soul”, aime à dire Frédéric Malle. Et c’est à la parfumeuse Suzy Le Helley, dont on doit des créations tout en lumière, joliment habitées, que l’éditeur de parfums a confié la réalisation de cette composition pour Acné il y a moins d’un an.
Ici, les aldéhydes, les fameux muscs blancs amis des lessives qui sentent le frais, le propre, jouent de lumière avec un côté floral texturé, du fruit – bergamote, mandarine ainsi qu’une belle et juteuse pêche en note de cœur. En fond, une vanille discrète apporte une touche de gourmandise supplémentaire à un parfum jeune et frais qui pétille, un brin espiègle.
Beaucoup de douceur mais aussi d’optimisme l’habitent. Faux ingénu, il a ce petit rien qui donne envie d’oser dès qu’on touche aux notes de cœur et de fond.
Anatomie de cette petite pépite printanière
“J’ai voulu créer une réinterprétation moderne d’un parfum aldéhydé, en y ajoutant des muscs contemporains et réconfortants ainsi qu’une dimension gourmande, nous raconte Suzy Le Helley. Cette approche était ma façon d’apporter quelque chose de nouveau tout en renouant avec la tradition des aldéhydés floraux. J’aime comprendre les classiques pour ensuite leur offrir une nouvelle perspective.”
Créer pour Acne Studios
“Pour moi, Acne Studios incarne un équilibre entre un style ultra contemporain et des matières d’une qualité exceptionnelle. La marque dégage quelque chose de casual et confortable, tout en apportant une touche décalée et surprenante.”
Inspiration textile ?
“Mon objectif lors du développement de ce parfum était de capturer une sensation de cocon, comme le confort enveloppant des écharpes oversize de la marque. Cette idée de chaleur et de protection s’est traduite dans le parfum, permettant à chacun de se l’approprier de manière personnelle.”
Spring unabashed celebration
by Suzy Le Helley for Acne Studios
Here, aldehydes, the famous white musks that are the friends of fresh-smelling, clean laundry, play up the light with a textured floral side, fruit – bergamot, mandarin – and a lovely, juicy peach in the heart note. At the base, discreet vanilla adds an extra touch of deliciousness to a young, fresh fragrance that sparkles with a touch of mischief.
There’s a lot of sweetness and optimism in this fragrance. It’s « light » but makes you want to dare as soon as you touch the heart and base notes. An ingenuous scent that’s not so much ingenuous.
Anatomy of this little spring nugget
‘I wanted to create a modern reinterpretation of an aldehyde fragrance, adding contemporary, comforting musks and a gourmand dimension,’ explains Suzy Le Helley. This approach was my way of bringing something new while reviving the tradition of floral aldehydes. I like to understand the classics and then give them a new perspective. »
Designing for Acne Studios
« For me, Acne Studios embodies a balance between ultra-contemporary style and materials of exceptional quality. The brand exudes something casual and comfortable, while adding a quirky and surprising touch. »
Textile inspiration ?
« My aim in developing this fragrance was to capture a cocooning sensation, like the enveloping comfort of the brand’s oversized scarves. This idea of warmth and protection was translated into the fragrance, allowing everyone to make it their own in a personal way. »
Après le lancement très remarqué de Sleep No More en 2024, le parfumeur Alexandre Makhloufi, fondateur de Sacré Français, réinvente la nuit en proposant cette fois une rose aussi sombre que l’était le cacao dans son premier opus. On passe de la pièce de théâtre alternative qui a inspiré Sleep No More à un conte pour adultes dans lequel Alexandre, l’un des plus prometteurs parfumeurs de l’année, ose s’aventurer sur des terrains encore mal défrichés par la parfumerie traditionnelle.
Celui de la Dark Romance.
Si la fantasy traditionnelle fait partie des littératures qui ont longtemps façonné l’imaginaire d’Alexandre, avec notamment un Master sur la fantasy féminine et Tolkien comme première claque littéraire, c’est dans des créations plus sombres qu’il se dévoile olfactivement.
Dans ce second parfum pour la marque Sacré Français, il met en valeur une rose au cœur indomptable. On n’est pas dans Rose Barbare, de Guerlain, parfum d’intrigante qui joue de son pouvoir sur les hommes. La rose de Cœur Fauve est bien plus barbare au sens premier du terme.
“Suis-moi si tu m’aimes.”
Elle est cash.
Ses ronces rippent le poignet tandis qu’elle tente de se frayer un chemin entre des notes plus intenses. Styrax, bois de gaïac… On sent qu’elle n’a pas les règles du jeu mais elle accroche le nez, les sens avec une même honnêteté dans le propos que Ruade de Marc-Antoine Corticchiato (que nous allons retrouver très bientôt pour échanger autour de sa dernière création), la fleur en moins.
Puis la rose se pose, calme, rassérénée. On finit sur du velours dans ce parfum unisexe qui boulverse joliment les codes.
Dark romance ou carrément rose BDSM ?
“J’ai beaucoup de problèmes avec la rose, nous explique Alexandre. Avec toutes les roses d’ailleurs, donc l’idée de ce parfum était de travailler sur une rose très boisée, qui resterait toutefois très unisexe, même un peu cuirée. Je voulais faire une rose un peu sale.”
L’animal sous les pétales ?
“La matière sent un peu l’animalerie, en effet. On y retrouve un peu le fauve, comme dans un zoo”, explique Alexandre. L’animalité vient d’un accord cuir aux accents légèrement oudés, mais je tenais à éviter toute impression d’oriental clinquant.” Le résultat, un très bel effet de notes “sales” telles que le cumin ou encore le safran. Ces notes ne sont pas utilisées en tant que telles mais ces facettes sales/animales/crésoliques, voire un peu salées, sont induites par l’accord cuir oud.
Tout comme Sleep No More, Cœur Fauve est un parfum très nocturne.
“J’y reviens à chaque fois, je ne sais pas pourquoi, remarque Alexandre. je l’ai retravaillé en essayant d’y injecter un peu plus de lumière et d’aller moins vite sur le côté cuiré animal.
Comme la rose n’est pas une note que j’apprécie particulièrement lorsqu’elle est traitée de manière trop frontale, je me suis laissé tenter par l’exercice de l’envelopper de bois sombres et de notes plus herbacées et lumineuses, pour lui donner un sillage plus suave et inattendu.
J’ai également travaillé une facette racine sur le dry down , que j’aime particulièrement, pour apporter un ancrage plus organique à l’ensemble. Notes de ciste, de camomille, pour facetter un peu la rose, mais sans la rendre trop rose non plus. Pour moi, c’est un peu comme une rose de conte de fées, une rose entourée par les ronces au clair de lune.”
Our Night Diary : Coeur Fauve
How a wild rose will soon entangle your summer nights
After the highly acclaimed launch of Sleep No More in 2024, perfumer Alexandre Makhloufi, founder of Sacré Français, reinvents the night, this time with a rose as dark as the cocoa in his first opus. From the alternative play that inspired Sleep No More to a story for adults, Alexandre, one of the most promising perfumers of the year, dares to venture into a territory that has yet to be explored by traditional perfumers.
Dark romance.
While traditional fantasy is one of the literatures that has long inspired Alexandre’s imagination, with a Master’s degree in women’s fantasy and Tolkien as his first literary slap in the face, it’s in darker creations that he reveals his olfactory side.
In Coeur Fauve, a rose emerges straight out of a dark fairy tale in which kids tremble and grown-ups stumble. Never a rose in perfumery had been so wild, so dark without losing her identity. Those who have been acquainted to Rose Barbare from Guerlain would not be able to compare. Rose Barbare is a lady playing with her charms. Coeur Fauve is neither male nor female. It is a vegetal animal without gender, a flower that smells the danger. Be careful. She is a beast. But she fears too. Still, she is defiance stitched into well woven notes of Cypriol, Cedar, Gaiac Wood, Labdanum Absolute, Frankincense, Benzoin Absolute and Oak Moss Absolute.
It has been said that every single wound has a story to tell. This rose is certainly wounded and we dive deep with her in the darkness surrounding her. A leather oud accord creates a beasty night around. Meanwhile, she remains wild and untamed even in fear. Still, she is not a savage to you. Soon, she stops running to rest on velvety notes on the edge of your wrist. Untamed but peaceful.
Dark romance or BDSM Rose?
“I have a lot of problems with roses, » explains Alexandre. With all roses, in fact, so the idea for this fragrance was to work on a very woody rose that would still be very unisex, even a little leathery. I wanted to make a rose that was a little dirty.”
The animal under the petals?
‘The material does smell a bit like a pet shop. It’s a bit like being in a zoo,’ explains Alexandre. The animality comes from a leather accord with slightly wavy accents, but I wanted to avoid any impression of a flashy oriental.’ The result is a beautiful effect of ‘dirty’ notes such as cumin and saffron. These notes are not used as such, but these dirty/animal/resolic facets, even a little salty, are induced by the oud leather accord.
Like Sleep No More, Cœur Fauve is a very nocturnal fragrance.
‘I’ve reworked it, trying to inject a little more light and go a little slower on the animalic leathery side.
As rose isn’t a note I particularly like when it’s treated too frontally, I let myself be tempted by the exercise of enveloping it in dark woods and more herbaceous, luminous notes, to give it a more suave, unexpected trail.
I also worked on a root facet on the dry down, which I particularly like, to give the whole a more organic feel. Notes of cistus and chamomile, to give the rose a little facet, but without making it too pink either. For me, it’s a bit like a rose from a fairytale, a rose surrounded by brambles in the moonlight’.
Ne parlez pas d’abstraction à Olivier Cresp. L’homme qui a eu le génie de composer Angel pour Thierry Mugler est un des rares parfumeurs à marquer une différence nette entre figuratif et abstraction. Ne lui demandez pas de vous dessiner olfactivement la Joconde. Ni même un certain mouton. Il vous répondra que son interprétation de la Joconde ne sera pas la même que celle de son voisin et que l’abstraction, en parfumerie, ne l’intéresse pas. Il aime que chacun puisse identifier son propos olfactif. D’un panettone à la vanille pour Devotion for Women (Dolce & Gabbana) à la représentation d’une rose magnifique pour Night (Akro), la parfumerie figurative d’Olivier Cresp est toujours accessible.
Et c’est dans sa propre marque, Akro, que le parfumeur crée de très belles compositions figuratives qui explorent l’univers de nos addictions quotidiennes. L’amour. Le tabac. Le café… Précurseurs en la matière, le duo formé par Olivier Cresp et sa fille ne cesse d’explorer olfactivement plaisirs irrésistibles et sensations fortes.
De Night à Glow, en passant par Awake ou Bake, best-seller de la marque qui est une véritable addiction au cupcake, ultra-figurative, il existe un point commun à leurs créations : quelque chose qui percute. Une attitude. Un petit je-ne-sais-quoi qui réveille les sens et transporte.
Le dernier né s’appelle Breathe, comme une bouffée d’air frais, un air si pur qu’il vient, justement, vous percuter de plein fouet dans votre quotidien.
Dans ce parfum, une attitude. Comme souvent dans les parfums composés par Olivier Cresp. Puis, un voyage. Les mots de Filippo Sorcinelli, à l’occasion de la sortie de l’un de ses parfums (Vento) me sont revenus en tête à la première bouffée de Breathe. Un viaggio che inizia con un respiro. A journey that begins with a breath. A journey called Breathe. Autrement dit, un voyage qui commence par une respiration.
“Breathe” signifie “respirer”, rappelle le maître parfumeur Olivier Cresp. “C’est le quatorzième parfum d’Akro. C’est un parfum qui est légèrement plus masculin que les précédents.”
Flannie : Pourquoi Breathe ?
Olivier Cresp : “Je trouvais qu’il manquait, autant sur le marché que dans la gamme Akro, une note outdoor. Une note indispensable quand on passe ses journées dans une grande ville. On me répétait “Olivier, peux-tu nous faire une note outdoor ? » J’ai donc créé une note très clean, légèrement masculine, évoquant un peu l’après-fitness.
Imaginez-vous marcher dans la forêt, après la pluie… C’est une note hyper fraîche, hyper vivifiante tout en étant purifiante. On y retrouve de la menthe, de la lavande pour le côté clean. De l’eucalyptus pour la fraîcheur.
Flannie : Il y a de très belles notes de type “oxygène ». Comment avez-vous travaillé cette fraîcheur ?
Olivier Cresp : J’ai ajouté de la cascalone, un ingrédient de chez DSM-Firmenich, qui procure un effet de grande cascade. On parle de pluie, d’eau de source. Breathe est une véritable respiration, la grande bouffée d’air pur dont on a besoin. On retrouve également une molécule qui s’appelle la floralozone, fraîche, florale et ozonique, qui donne envie de marcher et de respirer, et même de faire du sport.
Et même de faire du sport ?
Exactement. Breathe peut également évoquer les odeurs d’après douche. C’est un parfum très frais sans pour autant être une Cologne. »
Notre avis
Il répond à une addiction dont on parle peu, celle de la nature, du grand air. Très aromatique, Breathe vous donne envie de mettre les voiles, vous envoler loin du bruit, de la fureur urbaine. Une expérience quasi immersive.
Aujourd’hui, chers lecteurs, je vous propose de découvrir le parfumeur Fabrice Pellegrin dont les compositions m’émerveillent bien souvent. Dès la première minute d’échange, on sent une générosité indéniable s’échapper de cet homme dont beaucoup connaissent les parfums sans pour autant connaître le nom. « Parfumeur de l’année » 2017 (Cosmétique Mag), Fabrice a travaillé pour les plus belles maisons, les plus grands noms (Yves Saint Laurent, Valentino, Gaultier, Margiela, Armani…). Ceux qui le connaissent bien vous diront qu’il a une sérénité bien à lui, une voix du sud posée, mesurée. Cet homme agréable et accessible prend, pour nous, le temps de partager son art.
Cher Fabrice,
Pouvez-vous nous raconter quelque peu votre parcours ?
Mon métier est une véritable histoire de famille. Je suis né dans les collines autour de Grasse, ma ville natale et celle de mon cœur, et c’est de là que vient ma famille et ma vocation. Mon père était parfumeur, ma grand-mère cueilleuse de fleurs (on surnomme le jasmin « la fleur » à Grasse) et mon grand-père travaillait dans la transformation d’ingrédients naturels pour la parfumerie. J’ai eu la chance d’être baigné depuis mon plus jeune âge dans cet univers merveilleux, au milieu des fleurs, des mouillettes et des échantillons. J’ai fait tout mon apprentissage à Grasse. J’ai appris le métier de parfumeur chez Robertet. Il n’y a pas de meilleure éducation que d’apprendre sur le terrain. Le contact direct avec des professionnels permet de découvrir tous leurs petits secrets que je n’aurais pas connus autrement. J’ai rejoint Firmenich en 2008 où j’occupe le poste de parfumeur principal et directeur de l’innovation et du développement des produits naturels.
Quand la parfumerie est-elle devenue une évidence pour vous ?
Ma passion pour la parfumerie est réellement entrée dans ma vie à l’âge de 15 ans, lors d’un stage d’été, où j’ai découvert la transformation des matières premières et le processus de création d’un parfum – c’était magique. C’est là où ma vocation de parfumeur a pris tout son sens, au cœur des processus de création et des matières premières naturelles. Je me suis rendu compte que j’aimais être proche de ceux qui les cultivent et écouter leurs belles histoires, l’origine de leur magie. J’ai eu l’envie de les vivre au quotidien et d’avoir la chance de pouvoir les sublimer dans mes créations.
Parmi toutes vos expériences, quelle est, selon vous, la plus marquante ?
J’aime relever des défis. Travailler sur des notes qui retranscrivent le goût, la texture d’un aliment est une expérience fascinante. Je pense au kiwi qui ne sent pas mais dont on peut réussir à construire l’odeur à partir du goût, ou encore la chantilly qui a une texture intéressante à traduire en note.
Quels sont vos grands défis actuellement ?
Continuer d’insuffler une nouvelle vision des parfumeurs à nos clients. Désormais, nous avons plus souvent l’occasion de décrire notre processus créatif, les clients comprennent ainsi mieux nos inspirations artistiques et nous incitent à concevoir des émotions olfactives. Je pense qu’il faut continuer de communiquer ainsi pour créer une véritable relation de confiance et de transparence, c’est ainsi que les plus belles créations voient le jour.
Vos atouts ?
Chez dsm-Firmenich, je suis à la fois parfumeur et directeur de l’innovation pour les produits naturels, et mon travail, avec les équipes à Grasse, consiste à faire raconter de nouvelles histoires aux plantes à parfum. Il est intéressant de découvrir de nouvelles huiles essentielles et absolues pour enrichir la palette du parfumeur et créer de nouveaux parfums. Cependant, l’innovation implique également de nouveaux procédés d’extraction qui révèlent les facettes cachées d’ingrédients bien connus, tels que la lavande ou le jasmin : extraction par fluide supercritique (SFE), co-distillation ou même extraction électromagnétique que nous appelons Firgood®. Grâce à cette technologie propre et sans solvant, nous pouvons désormais extraire des fruits, des légumes et des fleurs traditionnellement « silencieuses ». Cette partie de mon travail, au contact des cultivateurs et de la terre, m’inspire énormément pour mes créations. Mon travail de parfumeur consiste à mettre constamment en valeur le meilleur que la nature a à offrir dans un parfum.
Parmi toutes vos créations, quelles sont les plus populaires ?
Je pense à mes créations pour la maison Diptyque comme Do Son, Eau de Rose, ou encore L’Eau Papier. Dans ce dernier, j’ai travaillé sur l’odeur abstraite de l’encre au contact du papier. Il y a également Wanted d’Azzaro qui met en avant la cardamome, une épice fascinante. Bien sûr, Scandal de Jean-Paul Gaultier, un féminin opulent autour des fleurs blanches miellées, et enfin Fame avec cette note d’encens crémeux entouré de jasmin. Ces parfums sont de véritables partis pris olfactifs, particulièrement appréciés des consommateurs pour leur signature singulière.
Quelles sont celles dont vous êtes le plus fier ?
C’est difficile pour moi de choisir l’une d’entre elles. Dans chacune de mes créations, je mets une partie de moi et de la passion pour façonner une signature aboutie.
Quelle est celle qui vous a donné le plus de fil à retordre ?
Je ne parlerai pas de fil à retordre mais plutôt de gestion du temps. Le temps est une dimension très importante dans la création, et on n’en a jamais assez pour travailler.
Quelle est votre matière préférée ? Et pourquoi ?
Le patchouli est une matière première qui a été pour moi comme un choc olfactif. Il m’a donné accès à la séduction. Il m’arrive de le porter en pur. Si facetté, mystérieux, envoûtant, il est un parfum à lui tout seul. J’affectionne aussi la tubéreuse. Elle est majestueuse, longiligne et j’aime le contraste entre ses petites fleurs blanches délicates et son pouvoir de diffusion phénoménal et narcotique. Et enfin, il y a l’Ambrox, une molécule issue des biotech, et comme le patchouli, il est complexe, difficile à qualifier entre muscs, bois et ambre gris. C’est un véritable parfum de peau, sensuel, addictif, avec du parti pris.
Si vous pouviez créer un parfum pour la personnalité (personnalité ou personnage, réel ou fictif…) de votre choix, qui choisiriez-vous et pourquoi ?
Je me projette plus dans un lieu que sur une personnalité. J’aimerais m’immerger dans la bibliothèque du Vatican afin d’en percer ses secrets, d’apprécier sa richesse et à partir de là créer l’odeur de ce lieu mystérieux.
Quel parfum lui composeriez-vous ?
Je vous laisse deviner.
Si vous deviez créer un parfum à 4 mains, quel autre parfumeur choisiriez-vous et pourquoi ?
J’ai la chance de partager avec mes deux fils ma passion pour le parfum. Travailler avec eux est une évidence, une histoire de transmission. Je leur apporte le savoir et eux m’apportent la fougue.
Quels sont, selon vous, les grands enjeux de demain dans l’univers de la parfumerie ? La nouvelle génération ne cesse de me surprendre, car leur curiosité les pousse à découvrir et à essayer constamment les derniers parfums sur le marché. Ils aiment explorer de nouveaux horizons olfactifs et sont à la recherche de signatures toujours plus distinctives et puissantes. En tant que parfumeur, il faut relever ce défi de séduire cette génération aux multiples facettes. Il faudra donc réussir à s’adapter en permanence à leurs envies en proposant des parfums toujours plus innovants et originaux. Et bien sûr, créer des parfums toujours plus respectueux de la planète avec de beaux ingrédients naturels sourcés de manière durable, qui ont un réel impact olfactif dans les compositions, au-delà des revendications marketing.
A découvrir absolument parmi les dernières créations de Fabrice :
Sogno in Rosso pour Valentino
The Dandy pour Penhaligon’s
Et, bien sûr, Patchouli Mania pour Essential Parfums
Si Olibanum a récemment dévoilé sa nouvelle création, Néroli, c’est Sacra, ode à l’encens, que je tiens à vous présenter aujourd’hui sur Flannie. La filière de l’encens est en plein renouveau. Dans les années à venir, nous serons amenés à en reparler assurément.
Ici, Sacra s’offre la liberté de rendre cette matière sacrée facile à porter, sans dogme, sans cérémonial inutile. Ce parfum est à l’image de sa marque, Olibanum, et de son créateur, Gérald Ghislain, fondateur d’Histoires de Parfums (une de mes premières maisons de niche favorites) mais qui n’aime pas, pour autant, raconter des histoires autour des parfums qu’il propose à ses clients. Gérald préfère de loin laisser le parfum parler. Un homme discret mais entier qui a profité du confinement pour créer cette nouvelle marque prônant l’upcycling dans un univers, la parfumerie, qui se transforme avec peine pour faire face aux enjeux de demain.
Gérald Ghislain, fondateur d’Olibanum
L’originalité de la marque ?
Des formules qui peuvent aisément se superposer… ou pas, selon les goûts de chacun.
Sa particularité ?
Toute la gamme est pensée autour de l’encens. Chacun des parfums contient une petite quantité d’encens. “L’encens est historiquement à l’origine du parfum et à l’origine de cette marque”, nous explique Sylvie Jourdet, parfumeure et créatrice de Sacra pour Olibanum.
Sylvie Jourdet, parfumeure fondatrice de Créassence, maison de création et de fabrication de parfums
Sylvie, vous nous dîtes que Sacra est l’emblème de la marque. Pourquoi ?
Sacra tire son nom de l’arbre Boswelia Sacra, l’arbre à encens dont on extrait la plus belle qualité. Sacra est donc le parfum phare au cœur de la collection, celui sur lequel tous les autres parfums peuvent se superposer. Ils peuvent bien évidemment se superposer entre eux aussi. Sacra symbolise la marque Olibanum car c’est une reconstitution de cet encens. On m’a demandé de reconstituer l’odeur de l’encens et d’en faire un parfum en même temps.
Ce n’est pas facile, ça…
Le défi m’a plu. J’ai pensé à Roudnitska et au muguet qu’il a créé dans Diorissimo. Il fallait être au plus proche de la note. Pour cela, j’ai utilisé plusieurs encens obtenus par différentes méthodes d’extraction qui produisent chacune des notes particulières.
Racontez-nous…
Les matières premières peuvent être extraites de différentes manières. Par la distillation pour les huiles essentielles, par des extractions au CO2 supercritique, des extractions avec des solvants volatils… On a plusieurs manières, à partir d’une matière première brute, d’extraire ses composés aromatiques. Chaque méthode a ses avantages et ses inconvénients. Le produit obtenu a des nuances olfactives qui peuvent être assez différentes. L’idée a été de reprendre ces différents encens, d’y adjoindre d’autres matières premières pour donner l’envolée, la tenue, le volume, la diffusion… sachant que les extraits obtenus sont parfois un peu éloignés de l’odeur de l’encens originel.
Il y a la gomme d’encens qui sent déjà quand vous la faîtes rouler entre vos doigts mais l’encens que l’on connaît le mieux est celui que l’on fait brûler dans les églises, dans les temples en Chine et cette odeur est encore très différente. L’idée était de retrouver toutes ces notes d’encens et d’en faire un parfum. La partie “reconstitution” était très importante.
Sacra est très facile à porter…
Oui, nous ne voulions pas être dans le côté “encens vieille église”, nous voulions aussi la fraîcheur de la gomme.
Le layering, avec Sacra, marche très bien.
Oui. Il fallait que tout puisse se superposer avec cet encens. Certains préfèrent toutefois faire du layering avec de la rose et du yuzu, du vétiver et de l’opoponax sans forcément rajouter de l’encens. Pour le moment, Sacra reste toutefois notre parfum le plus vendu.
Avec Safran, il marche merveilleusement bien.
Oui, Safran est un peu plus délicat. Il lui donne un peu de profondeur.
Comment Gérald parvient-il à proposer des prix aussi abordables ?
Il y a eu un effort financier fait sur tous les éléments du parfum. Le flacon, par exemple, a un poids de verre beaucoup moins lourd. Le packaging est très sobre. Il n’y a pas de capot. Pendant le confinement, Gérald s’est demandé “si je devais refaire une marque de parfums, que ferais-je ?” Il a eu envie de rester dans la niche, le qualitatif, mais faire du raisonnable avec des matières premières de qualité tout en faisant aussi de l’upcycling en allant chercher, par exemple, des résidus de santal qui ont été retraités. C’était vraiment dans l’ADN de la marque d’être raisonnable dans le sens écologique et financier.
Le layering n’est pas encore très à la mode en Europe…
Pourtant, il y a un côté ludique au layering. Les petits contenants ne sont pas chers. On peut acheter 3 petits parfums et créer son propre parfum. Il y a un désir de “désacraliser” le parfum, de permettre à chaque client de s’amuser avec le parfum. Vous pouvez vous dire “j’en superpose deux, j’en superpose trois, j’en superpose quatre”. Et si vous avez envie d’en mettre un seul, ça marche très bien aussi.
Preuve en est Néroli, la dernière création de la marque qui se porte aisément seule à l’approche des beaux jours ou en compagnie de Sacra pour jouer les trouble-fêtes lors des soirées d’été, lui apportant une touche de mystère irrésistible.